« Pourquoi payer, il y a des sites gratuits ? » La question est légitime, et la réponse honnête n'est pas « parce que c'est mauvais ». Un site gratuit est un vrai produit, il fonctionne, et pour certaines situations c'est exactement le bon choix.
Mais gratuit ne veut pas dire sans coût. Ça veut dire que le coût est ailleurs : dans l'adresse, dans la publicité qu'on affiche à vos visiteurs, dans ce que vous ne pouvez pas faire, et dans ce que vous ne possédez pas. Voici le calcul complet, fait à froid.
1Ce qui est vraiment gratuit, et ce qui ne l'est pas
Les grandes plateformes — Wix, Google Sites, WordPress.com, Squarespace en essai — offrent réellement l'hébergement, un éditeur visuel et des gabarits sans rien payer. Ça, c'est vrai, et c'est déjà beaucoup : il y a quinze ans, la même chose coûtait des milliers de dollars.
Ce qui n'est pas gratuit commence dès que le site doit servir une entreprise : une adresse à votre nom, l'absence de publicité étrangère sur vos pages, un formulaire qui envoie vraiment les courriels, et le droit d'emporter votre travail ailleurs. Chacun de ces éléments est vendu séparément, et c'est le modèle d'affaires — pas un piège.
2Les quatre coûts que personne n'annonce
- L'adresse : sans forfait payant, votre site vit sur monentreprise.wixsite.com/accueil. Un nom de domaine coûte de 15 $ à 25 $ par an, mais le brancher exige presque toujours un forfait — de 15 $ à 35 $ par mois selon la plateforme.
- La publicité imposée : la plupart des offres gratuites affichent leur propre bannière sur vos pages. Vous faites de la promotion pour eux, devant vos clients.
- Les fonctions d'entreprise : paiements, réservation, courriels automatisés, retrait du sceau de la plateforme — tout ça est réservé aux forfaits payants.
- Le stockage et la bande passante : les paliers gratuits plafonnent vite dès qu'on met de vraies photos de produits.
3Le sous-domaine vous coûte des clients, pas juste de la crédibilité
Une adresse en .wixsite.com ou .business.site dit une chose à un client qui compare trois fournisseurs : cette entreprise n'a pas investi dans sa présence. Ce n'est pas juste. Mais c'est ce qui est lu, et vous n'êtes pas là pour l'expliquer.
Concrètement, ça se paie ailleurs aussi : une adresse courriel à votre nom (info@votreentreprise.ca) dépend du domaine. Écrire à un client depuis une adresse Gmail personnelle, quand le concurrent écrit depuis la sienne, pèse dans la décision au moment précis où la personne hésite.
4Le référencement d'un site gratuit : la limite réelle
Contrairement à ce qu'on lit souvent, Google n'a rien contre les sites construits sur ces plateformes : il indexe un site Wix comme un autre. La limite n'est pas là.
Elle est dans ce que le palier gratuit ne vous laisse pas faire : modifier les titres de page et les méta descriptions, gérer les redirections, brancher Search Console proprement, ajouter des données structurées, ou corriger la vitesse. Ce sont exactement les leviers du référencement. Un site gratuit n'est pas puni; il est simplement désarmé.
Il y a plus embêtant : un sous-domaine partagé ne construit aucune autorité pour VOUS. Les liens qui pointent vers votre page renforcent le domaine de la plateforme. Le jour où vous déménagez, vous repartez de zéro.
5Quand un site gratuit est le bon choix
Il y a de vrais cas, et il serait malhonnête de les taire. Pour valider une idée avant d'investir, pour un projet saisonnier de quelques semaines, pour un organisme sans budget, ou pour une page d'événement ponctuelle : le gratuit fait le travail, et payer serait du gaspillage.
La règle simple : si le site ne doit rien vous rapporter, le gratuit suffit. Dès qu'il devient le premier contact d'un client payant, chaque limite ci-dessus se transforme en revenus perdus — et le calcul change complètement.
6Le calcul sur trois ans, chiffres en main
Un forfait de plateforme correct pour une entreprise — domaine branché, sans publicité, avec les fonctions de base — se situe entre 25 $ et 45 $ par mois au Québec. Sur trois ans, c'est de 900 $ à 1 600 $, sans compter le temps que vous y passez vous-même.
Un site vitrine professionnel se paie de 1 500 $ à 5 000 $ une fois, plus l'hébergement et l'entretien. Sur la même période, les deux montants se rejoignent — sauf qu'au bout des trois ans, dans un cas vous possédez un actif, et dans l'autre vous avez loué une adresse.
La vraie différence n'est donc pas le prix. C'est ce qu'il reste quand vous arrêtez de payer.
7Passer d'un site gratuit à un site à soi, sans tout perdre
La migration est faisable et se prépare. Récupérez d'abord vos textes et vos photos en pleine résolution — c'est le plus long à refaire. Notez ensuite l'adresse exacte de chaque page existante : si des gens ou Google y arrivent déjà, ces adresses devront être redirigées vers les nouvelles.
Achetez le domaine à votre nom, dans votre compte, pas dans celui d'un fournisseur. C'est la seule pièce qu'il ne faut jamais déléguer : tout le reste se refait, un domaine perdu se rachète parfois très cher.
Enfin, ne coupez rien avant que le nouveau site soit en ligne et vérifié. Une semaine de chevauchement coûte quelques dollars et évite le trou noir où l'ancienne adresse est morte et la nouvelle pas encore trouvée.
?Questions fréquentes
Peut-on avoir un site web vraiment gratuit au Québec ?
Oui, plusieurs plateformes offrent un palier gratuit permanent : Wix, Google Sites, WordPress.com. Le site fonctionne et il est indexé par Google. Les contreparties sont constantes : une adresse en sous-domaine, une bannière publicitaire de la plateforme, des fonctions d'entreprise verrouillées et aucune propriété du code.
Un site gratuit peut-il être bien référencé sur Google ?
Il peut être indexé, mais il part désarmé. Les paliers gratuits limitent l'accès aux titres, aux méta descriptions, aux redirections et à la vitesse — c'est-à-dire aux leviers mêmes du référencement. Et les liens obtenus renforcent le domaine de la plateforme, pas le vôtre.
Combien coûte un site web gratuit après la première année ?
Dès qu'on branche un domaine et qu'on retire la publicité, comptez de 25 $ à 45 $ par mois au Québec, soit de 300 $ à 540 $ par an. Ce montant ne baisse jamais et ne construit aucun actif : c'est une location, renouvelée tant que le site existe.
Vaut-il mieux un site gratuit ou pas de site du tout ?
Un site gratuit vaut mieux que rien, sans hésiter — surtout s'il est complet, à jour et relié à votre fiche Google. Une entreprise trouvable avec une adresse imparfaite bat une entreprise introuvable. L'erreur est d'y rester des années par inertie.
Puis-je transférer mon site gratuit vers un site professionnel ?
Le contenu, oui : textes, photos et structure se récupèrent. Le site lui-même, non — il se reconstruit, parce que le code appartient à la plateforme. Prévoyez les redirections de vos anciennes adresses pour ne pas perdre le peu de référencement acquis.
Pourquoi une agence ne recommande-t-elle jamais le gratuit ?
Parfois par intérêt, il faut le dire. Mais la vraie raison est plus simple : une agence voit surtout des entreprises qui viennent réparer après coup, avec deux ans de contenu à récupérer et des adresses à rediriger. Pour un projet à valider ou un besoin ponctuel, le gratuit reste la bonne réponse.
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